Marché immobilier au Québec en 2026 : 7 tendances à surveiller avant d’acheter ou vendre
Est-ce le bon moment pour acheter une maison au Québec?
Les prix vont-ils finalement baisser?
Est-ce que les acheteurs ont retrouvé du pouvoir de négociation?
Faut-il attendre une autre baisse des taux?
Et si vous envisagez un condo, est-ce que les nouvelles règles entourant les copropriétés changent ce que vous devriez vérifier avant d’acheter?
Toutes ces questions sont légitimes.
Mais elles partent souvent d’une même idée :
Qu’il existe un seul marché immobilier québécois et qu’il suffit de déterminer s’il monte ou s’il descend.
En 2026, la réalité est beaucoup plus nuancée.
Les ventes ont ralenti.
L’inventaire s’est reconstitué.
Les acheteurs disposent de davantage de choix dans certains segments.
Les copropriétés montrent davantage de signes de rééquilibrage.
Pourtant, le prix médian des maisons unifamiliales a continué de progresser dans plusieurs marchés.
Et après plusieurs années de changements importants, l’environnement des taux d’intérêt est devenu plus stable.
Alors, devriez-vous acheter?
Vendre?
Attendre?
La question la plus utile est probablement différente :
Qu’est-ce que le marché actuel signifie pour la propriété, le secteur, le financement et le projet que vous envisagez réellement?
Parce qu’on n’achète pas une moyenne provinciale.
On achète une propriété précise, dans un marché précis, à un prix précis.
Voici donc les tendances qui comptent réellement en 2026.
1. Les ventes ralentissent, mais cela ne signifie pas que les prix s’effondrent
C’est probablement la première distinction à comprendre.
Le nombre de transactions et le prix des propriétés ne sont pas la même chose.
Au deuxième trimestre de 2026, 27 296 ventes résidentielles ont été réalisées par l’intermédiaire de courtiers immobiliers au Québec.
Cela représentait une diminution de 5 % comparativement au même trimestre de 2025.
En parallèle, le nombre de propriétés disponibles augmentait.
On pourrait donc facilement conclure :
« Moins de ventes + plus de propriétés à vendre = baisse des prix. »
Mais ce n’est pas ce que montrent les données provinciales.
Le prix médian des maisons unifamiliales atteignait 523 250 $, soit une progression de 5 % sur un an.
Pour les copropriétés, le prix médian atteignait 405 000 $, en hausse de 1 %.
Pour les plex, il s’établissait à 690 000 $, en progression de 2 %.
Voilà pourquoi une manchette annonçant une baisse des ventes ne vous dit pas automatiquement ce qui arrive à la valeur des propriétés.
Un marché peut ralentir sans s’effondrer.
Et surtout, un ralentissement provincial ne signifie pas que chaque quartier, chaque gamme de prix et chaque type de propriété ralentit de la même façon.
2. Les prévisions pour 2026 indiquent davantage une normalisation qu’un retournement généralisé
Les prévisions immobilières sont utiles.
Mais seulement lorsqu’on comprend ce qu’elles sont :
des scénarios, pas des garanties.
Au début de 2026, les prévisions provinciales envisageaient déjà une activité plus modérée après deux années particulièrement actives.
À mi-année, le ralentissement s’est révélé plus prononcé.
Les prévisions ont alors été ajustées pour envisager une diminution d’environ 6 % des ventes résidentielles totales au Québec en 2026, accompagnée malgré tout d’une augmentation d’environ 5 % du prix médian des maisons unifamiliales.
Ça semble contradictoire?
Pas nécessairement.
Si moins d’acheteurs passent à l’action mais que l’offre demeure insuffisante dans certains secteurs recherchés, les prix peuvent continuer de résister.
C’est particulièrement important pour quelqu’un qui attend une baisse généralisée avant d’acheter.
Parce que vous pourriez avoir raison sur le ralentissement du marché...
et quand même ne jamais voir la propriété que vous recherchez devenir beaucoup moins chère.
Un marché plus lent n’est pas automatiquement un marché bon marché.
3. L’inventaire augmente et cela peut redonner du pouvoir aux acheteurs
Voici probablement l’une des statistiques les plus intéressantes pour un acheteur en 2026.
Au deuxième trimestre, les inscriptions résidentielles en vigueur au Québec avaient augmenté de 14 % sur un an.
Plus de propriétés disponibles signifie généralement une chose importante :
davantage d’alternatives.
Et les alternatives changent la négociation.
Imaginez que vous aimez une maison affichée à 700 000 $.
S’il n’existe pratiquement rien de comparable dans le secteur, le vendeur possède un certain avantage.
Mais si cinq propriétés semblables sont disponibles à proximité?
La conversation change.
L’acheteur peut comparer :
- le prix;
- l’état;
- les rénovations;
- le terrain;
- le stationnement;
- la localisation;
- les taxes;
- et les compromis de chaque propriété.
Mais attention.
Plus d’inventaire ne signifie pas automatiquement que tous les vendeurs sont prêts à négocier fortement.
Les conditions varient selon la municipalité, le quartier, le type de propriété, la gamme de prix et la concurrence directe.
Dans plusieurs marchés de maisons unifamiliales, les conditions peuvent encore favoriser les vendeurs.
Du côté des copropriétés, le rééquilibrage est généralement plus avancé.
Pour un acheteur, cela signifie qu’il devient encore plus important de savoir ce qui est réellement comparable.
Pour un vendeur, la question devient incontournable :
À mon prix demandé, qu’est-ce que mon acheteur peut acheter d’autre?
4. Les taux sont plus stables, mais l’abordabilité demeure un problème
En septembre 2026, le taux directeur de la Banque du Canada se situe à 2,25 %.
Après plusieurs années mouvementées, cette stabilité rend l’environnement financier plus prévisible.
Mais il existe un raccourci dangereux :
« Le taux directeur est plus bas, donc acheter est redevenu abordable. »
Ce n’est pas nécessairement vrai.
Le taux directeur n’est pas le taux hypothécaire qu’un acheteur obtient automatiquement.
Les taux hypothécaires dépendent notamment :
- du type de prêt;
- du terme;
- du choix entre taux fixe et variable;
- des marchés obligataires;
- de la mise de fonds;
- du dossier de l’emprunteur;
- et des conditions du prêteur.
Mais surtout, le taux n’est qu’une partie de l’équation.
Prenez deux acheteurs.
Le premier obtient un meilleur taux mais paie sa propriété beaucoup plus cher.
Le deuxième obtient un taux légèrement supérieur mais achète à un meilleur prix.
Qui a fait la meilleure transaction?
Impossible de répondre uniquement avec le taux.
Le prix d’achat, le financement, la mise de fonds et le coût mensuel doivent être analysés ensemble.
5. Faut-il acheter maintenant ou attendre une autre baisse des taux?
C’est probablement l’une des questions que j’entends le plus souvent.
Et elle comporte un piège.
Pour attendre, il faut implicitement faire deux prévisions.
Premièrement :
Les taux vont baisser.
Deuxièmement :
Le reste du marché ne changera pas suffisamment pour annuler l’avantage de cette baisse.
Mais que se passe-t-il si les taux diminuent et que davantage d’acheteurs reviennent sur le marché?
Que se passe-t-il si le prix de la propriété recherchée augmente?
Que se passe-t-il si l’inventaire diminue dans votre secteur?
Ou si les taux demeurent simplement là où ils sont?
Personne ne peut connaître ces réponses avec certitude.
C’est pourquoi une question plus utile est :
« Est-ce que cette propriété fonctionne avec mon budget et mes projets aux conditions disponibles aujourd’hui? »
Si la réponse est non, attendre peut être parfaitement logique.
Mais si la réponse est oui, baser toute votre stratégie sur la prédiction du prochain mouvement de taux ajoute un risque supplémentaire :
avoir raison sur les taux mais tort sur le reste du marché.
6. Maison ou condo en 2026 : ne comparez pas seulement le prix
À l’échelle du Québec, le marché de l’unifamiliale et celui de la copropriété n’évoluent pas exactement de la même manière.
Au deuxième trimestre de 2026, le prix médian d’une maison unifamiliale avait augmenté de 5 % sur un an.
Pour la copropriété, l’augmentation était de 1 %.
Est-ce que cela signifie qu’une maison est automatiquement un meilleur achat?
Non.
Le prix d’achat ne représente qu’une partie du coût réel de propriété.
Pour une maison, pensez notamment à :
- l’entretien extérieur;
- la toiture;
- les fondations;
- le drainage;
- les systèmes mécaniques;
- le terrain;
- les rénovations;
- les taxes;
- l’assurance;
- et les dépenses imprévues.
Pour un condo, l’analyse est différente.
Il faut notamment examiner :
- les frais de copropriété;
- le fonds de prévoyance;
- l’étude du fonds de prévoyance;
- le carnet d’entretien;
- les états financiers;
- l’assurance du syndicat;
- le fonds d’auto-assurance;
- les procès-verbaux;
- les travaux prévus;
- les cotisations spéciales;
- la déclaration de copropriété;
- et les règles de l’immeuble.
Et en 2026, cette analyse est devenue encore plus importante.
Pourquoi?
Parce que le cadre québécois de la copropriété a considérablement évolué.
7. Acheter un condo au Québec en 2026 : les lois 16 et 141 changent ce qu’un acheteur devrait regarder
Voici probablement l’un des changements les plus importants à comprendre si vous envisagez une copropriété.
Pendant longtemps, plusieurs acheteurs commençaient leur analyse avec une question très simple :
« Combien coûtent les frais de condo? »
C’est encore une question importante.
Mais elle est loin d’être suffisante.
Deux condos peuvent être affichés au même prix.
Ils peuvent même avoir des frais mensuels similaires.
Et pourtant, les risques financiers associés aux deux copropriétés peuvent être complètement différents.
C’est là que les changements législatifs des dernières années prennent toute leur importance.
La Loi 16 et la planification à long terme des copropriétés
Le cadre entourant la gestion des copropriétés divises a été considérablement renforcé.
Le Règlement établissant diverses règles en matière de copropriété divise est entré en vigueur le 14 août 2025 et s’inscrit notamment dans la continuité des changements législatifs associés à la Loi 16.
Les syndicats de copropriété doivent notamment faire établir :
- un carnet d’entretien;
- et une étude du fonds de prévoyance.
Pour les syndicats visés par les mesures transitoires, un délai de trois ans et un jour suivant l’entrée en vigueur du règlement est prévu pour obtenir ces premiers documents.
Autrement dit, en 2026, il est possible qu’une copropriété soit assujettie aux nouvelles obligations sans avoir encore complété sa première étude ou son premier carnet.
C’est une nuance importante pour un acheteur.
À quoi sert le carnet d’entretien?
Le carnet d’entretien vise notamment à documenter les composantes de l’immeuble et à planifier les interventions nécessaires.
Il permet de mieux suivre les travaux réalisés et ceux qui devront éventuellement être effectués.
Toiture.
Fenêtres.
Revêtement.
Équipements.
Certaines composantes peuvent coûter extrêmement cher lorsqu’elles doivent être remplacées.
La question n’est donc plus simplement :
« L’immeuble semble-t-il bien entretenu aujourd’hui? »
Elle devient aussi :
« Qu’est-ce qui devra probablement être réparé ou remplacé au cours des prochaines années? »
Et l’étude du fonds de prévoyance?
C’est ici que l’analyse devient particulièrement intéressante pour un acheteur.
L’étude du fonds de prévoyance s’appuie notamment sur les travaux prévus dans le carnet d’entretien et tient compte d’un horizon de 25 ans pour les parties communes.
Elle sert à évaluer les sommes qui devraient être accumulées afin de financer les réparations majeures et le remplacement des parties communes.
Elle recommande également le montant que devrait contenir le fonds et les sommes qui devraient y être versées.
Prenons deux copropriétés.
Dans la première :
250 $ par mois de frais de condo.
Dans la deuxième :
400 $ par mois.
Laquelle coûte le moins cher?
Instinctivement, plusieurs acheteurs choisiraient la première.
Mais supposons maintenant que la première copropriété possède un fonds insuffisant et doit éventuellement financer des travaux majeurs.
Et que la deuxième a davantage planifié ses dépenses à long terme.
Est-ce que votre réponse change?
C’est exactement pourquoi des frais de condo faibles ne constituent pas automatiquement un avantage.
Le montant mensuel vous dit ce que vous payez aujourd’hui. Il ne vous dit pas nécessairement ce que la copropriété pourrait vous coûter demain.
Et la Loi 141?
La Loi 141 a notamment apporté d’importants changements au régime d’assurance des copropriétés.
Parmi les éléments à connaître se trouve le fonds d’auto-assurance.
Le Code civil du Québec prévoit que le syndicat constitue ce fonds, notamment afin de couvrir certaines dépenses liées aux franchises prévues par les assurances du syndicat.
Le syndicat doit également détenir les assurances exigées par le Code civil.
Pourquoi un acheteur devrait-il s’y intéresser?
Parce que lorsqu’on achète une copropriété, on n’achète pas uniquement l’intérieur d’une unité.
On devient également copropriétaire dans une structure qui possède des obligations, des dépenses, des assurances et des risques financiers communs.
Des questions deviennent alors pertinentes :
Quel est le montant du fonds d’auto-assurance?
Quelle est la franchise la plus élevée prévue aux assurances du syndicat?
Quels sinistres ont touché l’immeuble?
La copropriété possède-t-elle les ressources nécessaires pour absorber certaines dépenses lorsqu’un problème survient?
L’attestation sur l’état de la copropriété change également l’information disponible
Le nouveau cadre prévoit aussi une attestation du syndicat sur l’état de la copropriété.
Cette attestation vise à fournir au promettant acheteur des informations importantes concernant la situation de la copropriété.
Elle peut notamment contenir des renseignements sur :
- le fonds de prévoyance;
- les contributions aux charges communes;
- la situation financière du syndicat;
- les assurances;
- le fonds d’auto-assurance;
- certains sinistres;
- certains travaux effectués ou prévus;
- certains litiges;
- et d’autres éléments concernant l’état de la copropriété.
Autrement dit, la question n’est plus simplement :
« Est-ce que j’aime ce condo? »
Il faut aussi se demander :
« Qu’est-ce que j’achète financièrement avec cette copropriété? »
Des frais de condo bas peuvent parfois cacher une facture future
Imaginez acheter un condo parce que ses frais mensuels sont 100 $ moins élevés que ceux d’un immeuble voisin.
Sur papier, vous économisez 1 200 $ par année.
Mais que se passe-t-il si le fonds de prévoyance est insuffisant et qu’une cotisation spéciale importante devient nécessaire?
L’économie apparente peut disparaître très rapidement.
Cela ne signifie pas que des frais élevés garantissent une copropriété bien gérée.
Et cela ne signifie pas que des frais faibles annoncent nécessairement un problème.
Cela signifie que le montant des frais, pris isolément, ne permet pas de connaître la santé financière d’une copropriété.
En 2026, un acheteur de condo devrait donc aller plus loin.
La meilleure question n’est plus :
« Combien coûtent les frais de condo? »
Elle est :
« Qu’est-ce que les documents de cette copropriété me disent sur ce que je pourrais réellement avoir à payer dans les prochaines années? »
Cette différence peut représenter des milliers de dollars.
Le marché de Montréal suit-il exactement celui du Québec?
Non.
Et c’est précisément pourquoi les statistiques provinciales ont leurs limites.
Dans la région métropolitaine de Montréal, le marché connaît également un rééquilibrage graduel.
L’activité a ralenti alors que l’inventaire a progressé.
Le segment de la copropriété montre notamment davantage de signes de rééquilibrage que celui de l’unifamiliale.
Mais même le mot « Montréal » englobe des marchés très différents.
Une maison à Saint-Laurent ne concurrence pas nécessairement les mêmes acheteurs qu’une propriété à Longueuil.
Un condo à Brossard près du REM ne se compare pas automatiquement à un condo ailleurs sur la Rive-Sud.
Une maison à Saint-Lambert, Candiac, La Prairie ou Chambly doit être analysée dans son propre environnement concurrentiel.
C’est pourquoi :
Les prévisions provinciales donnent le contexte. Les comparables locaux expliquent la propriété.
Est-ce un bon moment pour acheter une maison au Québec?
Cela dépend beaucoup plus de votre situation que du calendrier.
Acheter peut avoir du sens lorsque :
- votre situation financière est stable;
- vous disposez de la mise de fonds nécessaire;
- votre financement laisse une marge de sécurité;
- vous prévoyez conserver la propriété suffisamment longtemps;
- la propriété correspond réellement à vos besoins;
- et le prix est cohérent avec son marché.
À l’inverse, attendre peut être raisonnable si l’achat vous oblige à utiliser pratiquement toute votre capacité financière ou si votre situation personnelle risque de changer rapidement.
Il y a une distinction importante à faire :
Le marché peut être prêt pour vous alors que vous ne l’êtes pas encore.
Et l’inverse peut également être vrai.
Faut-il obtenir une préapprobation hypothécaire avant de chercher?
C’est généralement une excellente première étape.
Une préapprobation peut vous aider à mieux comprendre :
- votre capacité d’emprunt;
- votre mise de fonds;
- votre paiement hypothécaire potentiel;
- votre gamme de prix;
- et l’effet de différents scénarios de taux.
Mais attention à une erreur fréquente.
Le maximum que la banque accepte de vous prêter n’est pas nécessairement le montant que vous devriez dépenser.
Une propriété entraîne d’autres dépenses :
- taxes municipales et scolaires;
- assurance;
- électricité;
- chauffage;
- entretien;
- réparations;
- frais de copropriété;
- transport;
- et dépenses personnelles.
Pouvoir acheter et pouvoir vivre confortablement après l’achat sont deux choses différentes.
Qu’en est-il des premiers acheteurs en 2026?
L’abordabilité demeure l’un des principaux obstacles.
Et le piège consiste souvent à regarder presque exclusivement la mise de fonds.
Mais l’achat ne s’arrête pas le jour où vous passez chez le notaire.
Une première propriété peut nécessiter de coordonner :
- la mise de fonds;
- le financement;
- l’inspection;
- les frais de clôture;
- la taxe de bienvenue;
- le déménagement;
- l’entretien;
- un fonds d’urgence;
- et parfois des rénovations immédiates.
Imaginez utiliser pratiquement toutes vos liquidités pour acheter.
Puis, quelques semaines plus tard :
Une réparation.
Un appareil qui cesse de fonctionner.
Une dépense imprévue.
Soudainement, une propriété qui était « abordable » sur papier devient beaucoup moins confortable.
Pouvoir acheter la propriété et pouvoir vivre confortablement avec la propriété sont deux questions différentes.
Une maison est-elle automatiquement un meilleur investissement qu’un condo?
Non.
La hausse récente du prix médian des maisons unifamiliales ne garantit absolument pas leur rendement futur.
Et une progression plus modérée du prix médian des condos ne signifie pas qu’un condo précis constitue un mauvais investissement.
Pour analyser une propriété comme investissement, il faut notamment considérer :
- le prix payé;
- le financement;
- les coûts de détention;
- l’entretien;
- les revenus, s’il y en a;
- les règles applicables;
- la demande locale;
- les propriétés concurrentes;
- et la stratégie de sortie.
Une propriété peut appartenir à un segment performant et être achetée trop cher.
Une autre peut appartenir à un segment moins spectaculaire et représenter une excellente transaction.
Le type de propriété fournit du contexte. Les chiffres déterminent si l’investissement fonctionne.
Les prix des maisons vont-ils baisser au Québec?
Personne ne peut le garantir.
Les données disponibles en 2026 montrent plutôt un marché où les ventes ont ralenti, l’offre a augmenté et la croissance des prix est devenue plus modérée.
Cela peut créer davantage d’équilibre.
Mais les conditions demeurent très différentes d’une région à l’autre.
Certaines propriétés peuvent subir des réductions de prix.
D’autres peuvent encore recevoir plusieurs offres.
Certains secteurs peuvent ralentir.
D’autres peuvent continuer de manquer d’inventaire.
C’est pourquoi attendre « la baisse du marché » peut être une stratégie beaucoup moins précise qu’elle en a l’air.
Quel marché?
Quel secteur?
Quel type de propriété?
Quelle gamme de prix?
Ce sont ces réponses qui commencent à rendre la question réellement utile.
Et si vous pensez vendre en 2026?
Le même rééquilibrage qui donne davantage de choix aux acheteurs change également la stratégie du vendeur.
Lorsque les acheteurs disposent de plusieurs options, ils peuvent comparer beaucoup plus facilement :
- le prix;
- l’état;
- les rénovations;
- la localisation;
- le terrain;
- le stationnement;
- le coût de propriété;
- et les compromis de chaque maison.
Une propriété affichée trop haut peut donc perdre de l’élan.
Et une fois cet élan perdu, le problème n’est plus seulement le prix.
Les acheteurs commencent parfois à se demander :
« Pourquoi est-elle encore à vendre? »
La question stratégique du vendeur devient donc :
« À mon prix demandé, qu’est-ce que mon acheteur peut acheter d’autre aujourd’hui? »
Votre propriété ne concurrence pas une moyenne provinciale.
Elle concurrence les véritables propriétés que votre acheteur peut visiter cette semaine.
Les prévisions peuvent-elles vraiment vous dire quand acheter ou vendre?
Elles peuvent vous aider à comprendre le contexte.
Elles ne peuvent pas prendre la décision à votre place.
Une prévision provinciale ne connaît pas :
- votre mise de fonds;
- votre hypothèque;
- votre emploi;
- votre horizon de détention;
- votre maison actuelle;
- votre quartier;
- votre tolérance au risque;
- ni la propriété précise que vous envisagez.
C’est pourquoi les prévisions immobilières sont beaucoup plus utiles lorsqu’elles permettent de poser de meilleures questions.
Pas lorsqu’elles servent à chercher une certitude qui n’existe pas.
Les 10 questions à poser avant une décision immobilière en 2026
Avant d’acheter, vendre ou investir, demandez-vous :
- Quel est le marché réel pour ce type de propriété dans ce secteur?
- L’inventaire augmente-t-il ou diminue-t-il localement?
- Quels sont les comparables réellement pertinents?
- Quel serait mon coût mensuel total?
- Que se passe-t-il si mes dépenses augmentent?
- Combien de temps prévois-je conserver la propriété?
- Quels travaux ou dépenses importantes pourraient survenir?
- Pour un condo, que révèlent réellement les documents de copropriété?
- Quelles autres propriétés un acheteur peut-il choisir au même prix?
- Cette décision fonctionne-t-elle encore si le marché ne fait pas exactement ce que je prévois?
Cette dernière question mérite particulièrement votre attention.
Parce qu’une bonne décision immobilière ne devrait pas nécessiter que toutes vos prédictions soient parfaites pour fonctionner.
Alors, à quoi faut-il réellement s’attendre du marché immobilier québécois en 2026?
Probablement pas à un scénario unique.
Le marché montre des signes de modération.
Les ventes ont ralenti.
L’inventaire s’est reconstitué.
Les acheteurs retrouvent davantage de choix dans certains segments.
Le condo se rééquilibre davantage.
Le cadre entourant la copropriété a également évolué et oblige maintenant les acheteurs à regarder beaucoup plus loin que le simple montant des frais mensuels.
Pendant ce temps, les prix des maisons unifamiliales ont continué de progresser à l’échelle provinciale.
Alors est-ce une bonne année pour acheter?
Une mauvaise année pour vendre?
Le problème avec ces questions est qu’elles cherchent une réponse provinciale à une décision profondément personnelle et locale.
Pour un acheteur, la vraie question est :
Est-ce que cette propriété fonctionne avec mon budget, mes besoins et les conditions actuelles de son marché?
Pour un vendeur :
À mon prix, comment ma propriété se compare-t-elle réellement aux autres choix de mon acheteur?
Pour un investisseur :
Est-ce que les chiffres fonctionnent sans avoir besoin d’une appréciation future parfaite pour justifier l’achat?
Et pour un acheteur de condo :
Qu’est-ce que les documents de la copropriété révèlent sur les dépenses et les risques que je pourrais réellement assumer après l’achat?
C’est là que les statistiques commencent à devenir utiles.
Pas lorsqu’elles essaient de prédire votre décision.
Lorsqu’elles vous permettent de prendre une meilleure décision.
N’essayez pas de prédire parfaitement le marché. Assurez-vous plutôt que votre décision reste logique même si le marché ne suit pas exactement votre scénario.
La bonne décision. Au bon moment... Pour les bonnes raisons.
Jonathan Cabana
Courtier immobilier résidentiel et commercial
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