Valeur marchande vs évaluation municipale au Québec : combien vaut réellement votre maison?

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Valeur marchande vs évaluation municipale au Québec : combien vaut réellement votre maison?

Vous consultez votre évaluation municipale.

650 000 $.

Puis une propriété qui semble comparable à la vôtre se vend 775 000 $ dans votre secteur.

Vous vous demandez alors :

« Si cette maison s’est vendue 775 000 $, est-ce que la mienne vaut plus que ce que la municipalité indique? »

Ou peut-être vivez-vous exactement la situation inverse.

Votre évaluation municipale indique 825 000 $.

Mais les propriétés que vous voyez réellement se vendre autour de vous semblent plutôt se négocier près de 750 000 $.

Vous pensez alors :

« Si la municipalité dit que ma propriété vaut 825 000 $, pourquoi accepterais-je moins? »

Les deux réactions sont parfaitement compréhensibles.

Et les deux peuvent coûter cher.

Dans le premier scénario, vous pourriez sous-estimer votre propriété et laisser des milliers de dollars sur la table.

Dans le deuxième, vous pourriez vous accrocher à un chiffre que les acheteurs ne reconnaissent plus et nuire à votre vente.

Parce que trois chiffres différents peuvent entrer en jeu lorsque vous vendez une propriété :

L’évaluation municipale.

La valeur marchande actuelle.

Le prix demandé.

Ils peuvent parfois être proches.

Ils peuvent aussi être séparés par des dizaines de milliers de dollars.

La question la plus utile n’est donc pas :

« Combien la municipalité dit-elle que ma maison vaut? »

C’est plutôt :

« Combien un acheteur bien informé serait-il raisonnablement prêt à payer pour ma propriété dans le marché actuel? »

Et ensuite :

« Quelle stratégie de prix me donne les meilleures chances d’obtenir le résultat que je recherche? »

Ce sont deux questions très différentes.

Qu’est-ce que la valeur marchande d’une maison?

En immobilier, la valeur marchande représente essentiellement le prix qu’un acheteur raisonnablement informé pourrait être prêt à payer pour une propriété dans les conditions actuelles du marché.

Ce n’est pas automatiquement le prix que vous avez payé.

Ce n’est pas le montant investi en rénovations.

Ce n’est pas le prix demandé par votre voisin.

Ce n’est pas le montant dont vous avez besoin pour acheter votre prochaine propriété.

Et ce n’est pas automatiquement votre évaluation municipale.

La valeur marchande vient du marché.

Il faut donc regarder ce que les acheteurs font réellement aujourd’hui.

À combien se sont vendues les propriétés véritablement comparables?

Quelles autres propriétés un acheteur peut-il obtenir au même prix?

Combien y a-t-il de concurrence?

Combien de temps les propriétés semblables prennent-elles pour se vendre?

Dans quel état se trouve votre maison par rapport aux autres choix disponibles?

Quels éléments la rendent plus attrayante?

Quels éléments pourraient faire hésiter un acheteur?

Quelle est la demande actuelle pour ce type de propriété?

C’est pourquoi la valeur d’une maison peut changer sans qu’une seule rénovation soit réalisée.

La propriété n’a pas changé. Le marché autour d’elle, oui.

Qu’est-ce que l’évaluation municipale au Québec?

L’évaluation municipale est la valeur inscrite au rôle d’évaluation foncière de votre municipalité.

Cette valeur n’est pas simplement un chiffre arbitraire utilisé pour calculer les taxes.

Au Québec, la valeur réelle d’une unité d’évaluation correspond à sa valeur d’échange sur un marché libre et ouvert à la concurrence, selon les règles applicables au système d’évaluation foncière et selon une date de référence précise.

Le gouvernement du Québec explique en détail le fonctionnement de l’évaluation foncière municipale.

Le rôle d’évaluation sert notamment de base au régime de taxation foncière municipale et scolaire.

Mais il faut comprendre une distinction importante.

L’évaluation municipale n’est pas un prix en temps réel qui change chaque fois qu’une propriété se vend dans votre rue.

Et c’est précisément là que la confusion peut commencer.

La date de référence peut expliquer une grande partie de l’écart

L’évaluation municipale est fondée sur les conditions du marché à une date déterminée.

Elle n’est pas recalculée chaque matin selon les transactions conclues la veille.

Au Québec, les rôles d’évaluation sont généralement établis pour plusieurs exercices municipaux et les immeubles qui y figurent sont évalués sur une même base et à une même date.

Dans le cas de Montréal, par exemple, le rôle 2026-2027-2028 reflète les conditions du marché immobilier au 1er juillet 2024.

La Ville de Montréal explique cette mécanique sur sa page consacrée à la valeur foncière d’une propriété.

Pensez à ce que cela signifie.

Depuis la date de référence :

  • la demande des acheteurs peut avoir changé;
  • le nombre de propriétés à vendre peut avoir augmenté ou diminué;
  • les conditions de financement peuvent avoir évolué;
  • de nouvelles propriétés comparables peuvent avoir été vendues;
  • votre quartier peut avoir changé;
  • votre propriété elle-même peut avoir été rénovée ou modifiée.

Cela ne veut pas dire que l’évaluation municipale est mauvaise.

Cela signifie simplement qu’avant d’utiliser ce chiffre pour prendre une décision aujourd’hui, il faut comprendre quel marché ce chiffre décrit réellement.

Un prix de vente différent signifie-t-il que l’évaluation municipale est incorrecte?

Non.

Et cette nuance est importante.

L’évaluation municipale est bel et bien liée à la valeur immobilière.

Le problème apparaît lorsqu’on lui demande de répondre en temps réel à une question qui concerne le marché actuel.

Le rôle d’évaluation cherche essentiellement à déterminer :

Quelle valeur doit être attribuée à cette propriété selon le cadre applicable et la date de référence du rôle?

Lorsque vous préparez une vente aujourd’hui, votre question est différente :

Combien les acheteurs actuels sont-ils raisonnablement prêts à payer pour cette propriété maintenant?

Les deux chiffres peuvent être similaires.

Mais ils n’ont aucune obligation de l’être.

Évaluation municipale, valeur marchande et prix demandé : trois chiffres différents

C’est probablement la distinction la plus importante de tout l’article.

L’évaluation municipale

C’est la valeur officielle inscrite au rôle d’évaluation foncière.

La valeur marchande actuelle

C’est la valeur que la propriété pourrait raisonnablement atteindre selon les données et les conditions actuelles du marché.

Le prix demandé

C’est le prix choisi pour présenter et positionner la propriété auprès des acheteurs.

Et cette troisième notion est souvent mal comprise.

Votre prix demandé n’est pas simplement une déclaration de valeur.

C’est aussi un outil de mise en marché et de négociation.

Selon la propriété, la concurrence, la demande et l’objectif du vendeur, le prix demandé peut être positionné différemment de l’estimation centrale de la valeur marchande.

Mais cette décision doit avoir une raison.

Elle doit faire partie d’une stratégie.

Elle ne devrait jamais être simplement :

« Mon évaluation municipale est de 800 000 $, alors affichons à 800 000 $. »

Première erreur coûteuse : laisser l’évaluation vous faire sous-estimer votre maison

Imaginez que votre évaluation municipale soit de 650 000 $.

Vous pensez vendre.

Vous vous dites :

« Si j’obtiens 675 000 $, je vais être très satisfait. »

Mais supposons maintenant que plusieurs propriétés véritablement comparables se soient récemment vendues entre 750 000 $ et 775 000 $.

Votre évaluation municipale vient peut-être de créer un ancrage beaucoup trop bas.

Et si cet ancrage influence votre stratégie ou votre négociation, le coût peut être important.

Imaginez recevoir une offre de 700 000 $.

Vous pourriez penser :

« C’est 50 000 $ de plus que mon évaluation. C’est excellent. »

Mais est-ce réellement une excellente offre si les faits démontrent que des acheteurs qualifiés pourraient raisonnablement payer beaucoup plus?

C’est pourquoi je ne voudrais jamais qu’un vendeur conclue :

« Tout montant supérieur à mon évaluation municipale représente un bon prix. »

Pas avant d’avoir regardé le marché.

Parce qu’obtenir plus que l’évaluation municipale ne signifie pas automatiquement avoir obtenu le meilleur résultat possible.

Deuxième erreur coûteuse : laisser l’évaluation vous faire surestimer votre maison

Prenons maintenant la situation inverse.

Votre évaluation municipale est de 900 000 $.

Naturellement, ce chiffre devient important dans votre esprit.

Mais les meilleures ventes comparables suggèrent plutôt une valeur actuelle entre 825 000 $ et 850 000 $.

Un acheteur vous offre 845 000 $.

Votre première réaction pourrait être :

« Absolument pas. La municipalité dit que ma maison vaut 900 000 $. »

Mais les acheteurs ne prennent pas leur décision en regardant uniquement votre rôle d’évaluation.

Ils regardent leurs autres possibilités.

À 900 000 $, que peuvent-ils acheter ailleurs?

Comment votre maison se compare-t-elle?

À combien les propriétés réellement similaires se sont-elles vendues?

Dans quel état étaient-elles?

Combien de propriétés concurrentes sont disponibles?

Quels avantages offrent-elles que votre propriété n’offre pas?

C’est ce qui influence la décision d’un acheteur.

Et un propriétaire peut passer des mois à défendre un chiffre que le marché actuel ne soutient pas pendant que les acheteurs qualifiés choisissent d’autres propriétés.

Un chiffre devient dangereux lorsqu’on cesse de demander quelles preuves le soutiennent.

Les ventes comparables comptent, mais encore faut-il choisir les bonnes

Une grande partie de l’analyse de la valeur marchande repose sur les ventes comparables.

Mais le mot comparable mérite beaucoup plus d’attention qu’on lui en donne souvent.

Une propriété ne devient pas un bon comparable simplement parce qu’elle se trouve trois rues plus loin.

Ou parce qu’elle possède le même nombre de chambres.

Ou parce qu’elle ressemble à la vôtre sur une photo.

Une comparaison sérieuse devrait notamment considérer :

  • le type de propriété;
  • la localisation;
  • la superficie du bâtiment;
  • la superficie du terrain;
  • l’âge;
  • l’état général;
  • les rénovations;
  • la configuration;
  • le stationnement;
  • le sous-sol;
  • les caractéristiques de la rue;
  • les travaux à prévoir;
  • l’attrait général pour les acheteurs.

Les prix réellement vendus sont également particulièrement importants.

Un prix demandé vous indique ce qu’un vendeur espère obtenir.

Un prix vendu vous indique ce qu’un acheteur a réellement accepté de payer.

Ce n’est pas la même information.

La question que je poserais pour chaque comparable

Pour chaque propriété utilisée dans l’analyse, je poserais une question très simple :

« Si un acheteur devait choisir entre cette propriété et la mienne, pourquoi paierait-il davantage pour l’une plutôt que pour l’autre? »

Maintenant, nous ne comparons plus simplement des chiffres.

Nous comparons la décision réelle de l’acheteur.

Votre terrain est peut-être plus grand.

Mais l’autre propriété possède une cuisine récemment rénovée.

Vous avez peut-être une chambre supplémentaire.

Mais l’autre maison offre une configuration beaucoup plus fonctionnelle.

Votre propriété est peut-être plus grande.

Mais l’autre se trouve sur une rue plus calme.

Vos deux maisons semblent rénovées.

Mais votre toiture et vos fenêtres approchent peut-être de leur fin de vie utile.

Voilà pourquoi une statistique isolée comme le prix au pied carré peut parfois être trompeuse.

Les acheteurs achètent une propriété complète. Pas une statistique.

La localisation est beaucoup plus précise que le nom de la ville

Tout le monde sait que l’emplacement influence la valeur.

Mais en immobilier, l’emplacement est beaucoup plus précis que Montréal, Brossard ou Saint-Lambert.

Deux maisons séparées par quelques rues peuvent obtenir des résultats différents en raison :

  • de l’accès aux écoles;
  • du transport collectif;
  • de la circulation;
  • des parcs;
  • des commerces;
  • du bruit;
  • de la proximité des grands axes;
  • de la position du terrain;
  • de l’attrait de la rue;
  • de la facilité d’accès aux services.

Une propriété à Mont-Royal ne devrait pas automatiquement être comparée à une propriété de Côte-Saint-Luc simplement parce qu’elles ont une superficie et un âge similaires.

La même logique s’applique à Saint-Laurent, NDG, Pointe-Claire, Saint-Lambert, Brossard, La Prairie, Candiac et Beloeil.

Plus on se rapproche de la décision réelle de l’acheteur, plus l’immobilier devient local.

La superficie compte. La configuration peut compter tout autant.

Le nombre de pieds carrés est utile.

Mais les acheteurs n’habitent pas dans une statistique de pieds carrés.

Ils habitent dans des pièces.

Une maison de 1 500 pieds carrés bien conçue peut parfois sembler beaucoup plus fonctionnelle qu’une propriété plus grande avec une mauvaise configuration.

Les acheteurs remarquent :

  • l’emplacement des chambres;
  • le nombre de salles de bain;
  • l’utilité du sous-sol;
  • les espaces de rangement;
  • la possibilité d’aménager un bureau;
  • la lumière naturelle;
  • la circulation entre les pièces;
  • la façon dont la maison correspond à leur quotidien.

Les chiffres racontent une partie de l’histoire.

La manière dont la propriété se vit raconte l’autre.

L’état de la propriété peut changer considérablement sa valeur

Deux maisons construites la même année sur la même rue peuvent se vendre à des prix très différents.

Pourquoi?

Parce que les acheteurs n’évaluent pas seulement ce qui est beau.

Ils évaluent également ce qui pourrait leur coûter de l’argent après l’achat.

Ils regarderont notamment :

  • la toiture;
  • les fenêtres;
  • la fondation;
  • la plomberie;
  • l’électricité;
  • le chauffage;
  • la climatisation;
  • la cuisine;
  • les salles de bain;
  • les planchers;
  • l’extérieur;
  • les signes d’infiltration d’eau;
  • l’entretien général.

Une belle cuisine peut améliorer considérablement l’impression d’un acheteur.

Mais elle ne fait pas disparaître une toiture vieillissante.

C’est pourquoi une analyse de valeur doit considérer la propriété dans son ensemble.

Les rénovations ne fonctionnent pas comme des reçus

Vous investissez 80 000 $ en rénovations.

Il peut sembler logique de penser :

« Ma propriété vaut maintenant 80 000 $ de plus. »

Pas nécessairement.

Certaines rénovations ont beaucoup de valeur aux yeux des acheteurs.

D’autres sont très personnelles.

Certaines servent simplement à remettre la propriété au niveau attendu dans sa gamme de prix.

Et certaines peuvent avoir coûté beaucoup plus cher que la valeur supplémentaire que le marché leur attribuera.

La bonne question n’est donc pas :

« Combien ai-je dépensé? »

C’est :

« Combien de valeur supplémentaire les acheteurs attribueront-ils réellement à ce que j’ai amélioré? »

Le coût et la valeur marchande ne sont pas la même chose.

Votre concurrence actuelle compte énormément

Imaginez qu’il n’y ait que deux maisons réellement comparables à la vôtre actuellement en vente dans votre secteur.

Et plusieurs acheteurs motivés recherchent précisément ce type de propriété.

Vous avez un certain environnement.

Imaginez maintenant quinze propriétés similaires qui se disputent les mêmes acheteurs.

Même maison.

Marché différent.

Position de négociation différente.

C’est quelque chose que l’évaluation municipale ne peut pas ajuster en temps réel.

Les acheteurs ne regardent pas votre maison seule. Ils la comparent à tout ce qu’ils peuvent acheter à la place.

Et cette concurrence peut avoir une influence directe sur la façon dont votre propriété devrait être positionnée.

Une maison peut-elle se vendre plus cher que son évaluation municipale?

Absolument.

Elle peut aussi se vendre moins cher.

Il n’existe aucune règle voulant qu’une propriété doive se vendre à son évaluation municipale, au-dessus ou en dessous.

Supposons que l’évaluation soit de 700 000 $.

Les propriétés comparables se vendent actuellement autour de 825 000 $.

Votre maison se compare avantageusement à celles-ci.

Les acheteurs ne vont probablement pas s’arrêter à 700 000 $ simplement parce que ce montant apparaît au rôle.

Prenons maintenant l’inverse.

L’évaluation est de 825 000 $.

Les ventes comparables suggèrent plutôt un marché près de 740 000 $.

Afficher la propriété à 825 000 $ ne crée pas soudainement 85 000 $ de valeur supplémentaire.

L’évaluation municipale ne décide pas ce que les acheteurs paieront. Leurs autres choix influencent cette décision.

Peut-on simplement appliquer un pourcentage à l’évaluation municipale?

Je ne le recommande pas.

Vous entendrez parfois :

« Les maisons du secteur se vendent environ 10 % au-dessus de l’évaluation. »

Ou :

« Prenez l’évaluation municipale et multipliez-la par 1,15. »

Cela produit un chiffre.

Mais cela ne produit pas nécessairement une bonne estimation.

Deux propriétés voisines peuvent avoir :

  • des terrains différents;
  • des rénovations différentes;
  • des configurations différentes;
  • des états d’entretien différents;
  • des rues différentes;
  • un attrait différent auprès des acheteurs.

Et même leur relation avec le rôle d’évaluation peut être différente.

Un multiplicateur peut parfois tomber près du bon résultat.

Mais obtenir occasionnellement le bon chiffre ne signifie pas que la méthode est fiable.

Si vous voulez savoir combien votre propriété pourrait se vendre aujourd’hui, comparez-la avec le marché dans lequel les acheteurs prennent leurs décisions aujourd’hui.

Une hausse de l’évaluation signifie-t-elle la même hausse de taxes?

Pas nécessairement.

Si votre valeur inscrite au rôle augmente de 20 %, cela ne signifie pas automatiquement que votre facture de taxes municipales augmentera elle aussi de 20 %.

Le rôle d’évaluation constitue une base importante du calcul de la fiscalité foncière.

Mais les taux de taxation et les décisions budgétaires de la municipalité influencent également le montant final.

L’évaluation et la facture de taxes sont donc liées.

Elles ne sont pas la même chose.

Que faire si vous trouvez votre évaluation municipale trop élevée?

Selon votre municipalité, votre situation et les délais applicables, il peut être possible de demander une révision de l’évaluation.

Le gouvernement du Québec explique les situations admissibles, les délais et la démarche pour demander une révision du rôle d’évaluation foncière.

Mais il faut distinguer deux choses.

Contester une évaluation municipale est une démarche liée au rôle d’évaluation.

Déterminer le prix auquel vous devriez vendre votre propriété aujourd’hui est une décision de marché.

Et surtout :

Être insatisfait de sa facture de taxes ne signifie pas nécessairement que la valeur inscrite au rôle est incorrecte.

Les calculateurs de valeur en ligne sont-ils fiables?

Ils peuvent être utiles comme point de départ.

Un outil automatisé peut analyser la localisation, la superficie, les transactions antérieures, certaines données publiques et des ventes à proximité.

Il peut ensuite produire un chiffre en quelques secondes.

Mais aujourd’hui, obtenir un chiffre est facile.

La question beaucoup plus importante est :

« Est-ce le bon chiffre pour prendre une décision? »

Un système automatisé peut ne pas savoir que votre sous-sol a été aménagé professionnellement.

Que la maison comparable présentait un problème structural.

Que vos rénovations sont de meilleure qualité.

Qu’une rue est beaucoup plus passante.

Que la configuration d’une propriété est nettement moins fonctionnelle.

Ou que les acheteurs réagissent actuellement très différemment à votre type précis de propriété.

L’information seule n’est pas la stratégie.

Un système peut produire une estimation.

Le véritable travail consiste à déterminer ce que cette information signifie pour votre propriété et ce que vous devriez faire avec elle.

Quelle est la différence entre l’analyse d’un courtier et une évaluation agréée?

Les deux peuvent concerner la valeur d’une propriété.

Mais elles ne servent pas exactement au même objectif.

Lorsque j’analyse une propriété en vue d’une vente, je veux comprendre son positionnement dans le marché actuel.

Quelles propriétés concurrencent réellement la vôtre?

À combien les meilleurs comparables se sont-ils vendus?

Qu’est-ce qui est actuellement disponible?

Quelles propriétés n’ont pas réussi à se vendre?

Comment les acheteurs réagissent-ils?

Quels sont les points forts de votre propriété?

Quelles objections pourraient-ils soulever?

Et comment tout cela devrait-il influencer le prix et la stratégie?

Un évaluateur agréé réalise pour sa part une évaluation professionnelle formelle selon les normes de sa profession.

Ce type de rapport peut notamment être pertinent pour certains dossiers de financement, de succession, de séparation, de litige, de fiscalité ou lorsqu’une expertise indépendante est nécessaire.

Si votre question est :

« Combien ma maison pourrait-elle raisonnablement se vendre si je la mets sur le marché? »

une analyse du marché immobilier actuel peut vous aider à répondre.

Si vous avez besoin d’une expertise formelle pour une autre raison, un évaluateur agréé peut être le professionnel approprié.

Aujourd’hui, trouver les chiffres est facile. Les interpréter est plus difficile.

Vous pouvez trouver votre évaluation municipale en ligne.

Vous pouvez regarder les propriétés à vendre.

Vous pouvez consulter une estimation automatisée.

Vous pouvez lire les statistiques du marché.

Vous pouvez même comparer des dizaines de propriétés depuis votre téléphone.

Toute cette information est utile.

Mais elle ne répond pas automatiquement à la question qui compte :

« Qu’est-ce que tout cela signifie pour ma propriété? »

C’est là que l’analyse devient importante.

Parce qu’il ne suffit pas de trouver des comparables.

Il faut déterminer lesquels comptent réellement.

Il ne suffit pas de connaître la concurrence.

Il faut comprendre comment votre propriété se positionne face à elle.

Il ne suffit pas d’obtenir une estimation.

Il faut savoir si elle est défendable.

Et il ne suffit pas de connaître une valeur probable.

Il faut ensuite choisir une stratégie de prix qui correspond à votre propriété, au marché et à ce que vous cherchez réellement à accomplir.

Les données vous donnent de l’information. L’interprétation transforme cette information en décision.

La plus grande erreur est de donner trop d’autorité à un seul chiffre

Votre évaluation indique 900 000 $.

Mais que dit le marché?

Une estimation automatisée indique 850 000 $.

Mais que disent les meilleurs comparables?

Votre voisin demande 925 000 $.

Mais quelqu’un a-t-il réellement accepté de payer ce montant?

Vous avez investi 100 000 $ en rénovations.

Mais combien de cette dépense le marché reconnaît-il?

Vous souhaitez obtenir 950 000 $.

Mais qu’est-ce qu’un acheteur peut acheter d’autre pour 950 000 $?

Chaque chiffre a besoin de contexte.

C’est pourquoi l’évaluation municipale devrait créer une question.

Pas fournir automatiquement la réponse.

« Comment ce chiffre se compare-t-il à ce que les acheteurs informés font réellement aujourd’hui? »

Comment savoir combien vaut réellement votre maison?

Je commencerais par les faits.

Avant de recommander une stratégie, je voudrais savoir :

  • Quelles propriétés se sont récemment vendues à proximité?
  • Lesquelles sont réellement comparables?
  • Quelles propriétés sont actuellement à vendre?
  • Combien y a-t-il de concurrence?
  • Combien de temps les propriétés similaires prennent-elles pour se vendre?
  • À quels prix les transactions se concluent-elles?
  • Dans quel état se trouve votre maison?
  • Quelles rénovations ont été réalisées?
  • Quels travaux pourraient influencer les acheteurs?
  • Comment votre localisation se compare-t-elle?
  • Qu’est-ce qui rend votre propriété plus attrayante que ses concurrentes?
  • Qu’est-ce qui pourrait la rendre moins attrayante?
  • Au prix que vous envisagez, qu’est-ce qu’un acheteur peut acheter d’autre?

Cette dernière question oblige à regarder votre propriété de la même façon qu’un acheteur.

Ensuite seulement, je comparerais cette analyse avec votre évaluation municipale.

Pas parce que l’évaluation détermine la réponse.

Mais parce que l’écart entre les chiffres peut nous apprendre quelque chose sur le marché, le moment et les hypothèses que nous faisons.

Valeur marchande et évaluation municipale dans le Grand Montréal et sur la Rive-Sud

La différence entre l’évaluation municipale et la valeur marchande actuelle concerne des propriétaires partout dans le Grand Montréal et sur la Rive-Sud.

Cela comprend notamment Saint-Laurent, Mont-Royal, Côte-Saint-Luc, NDG, Pointe-Claire, Saint-Lambert, Brossard, La Prairie, Candiac et Beloeil.

Mais la réponse ne sera jamais exactement la même d’un secteur à l’autre.

Les municipalités peuvent fonctionner avec des rôles différents.

Les marchés locaux peuvent évoluer différemment.

Et même à l’intérieur d’un même secteur, différents types de propriétés peuvent connaître des réalités très différentes.

Le marché des copropriétés peut être différent de celui des maisons unifamiliales.

Une maison détachée peut se comporter différemment d’un duplex.

Un quartier peut connaître plusieurs offres concurrentes alors qu’un autre, situé à quelques kilomètres seulement, offre beaucoup plus de choix aux acheteurs.

C’est pourquoi une bonne analyse de valeur doit être locale.

Parfois même extrêmement locale.

Quel chiffre devriez-vous utiliser pour vendre?

Je ne commencerais pas par choisir un chiffre.

Je commencerais par comprendre ce que les faits nous disent.

D’abord :

Que dit le rôle d’évaluation municipale?

Ensuite :

Que dit le marché actuel?

Puis :

Comment votre propriété se compare-t-elle réellement aux autres choix des acheteurs?

Et seulement après :

Quelle stratégie de prix nous donne la meilleure position pour atteindre votre objectif?

C’est là que la différence entre connaître la valeur et savoir quoi en faire devient importante.

L’essentiel à retenir

Votre évaluation municipale compte.

Mais elle n’est pas une étiquette de prix en temps réel attachée à votre maison.

Si votre évaluation est inférieure aux prix auxquels des propriétés réellement comparables se vendent aujourd’hui, ne supposez pas que tout montant supérieur à l’évaluation constitue automatiquement une excellente vente.

Vous pourriez laisser de l’argent sur la table.

Si votre évaluation est supérieure aux ventes comparables actuelles, ne supposez pas non plus que les acheteurs devraient payer le montant inscrit au rôle.

Vous pourriez vous accrocher à un chiffre que le marché ne soutient plus.

Alors regardez les faits.

Les ventes comparables.

La concurrence.

La localisation.

L’état de la propriété.

Les rénovations.

La demande.

Les options des acheteurs.

Et posez-vous une dernière question :

« Si j’étais l’acheteur de ma propre maison aujourd’hui, qu’est-ce qui me ferait choisir cette propriété plutôt qu’une autre au même prix? »

Cette réponse peut nous en apprendre énormément.

Parce qu’au bout du compte, la question n’est pas simplement :

« Combien vaut ma maison? »

La question est :

« Qu’est-ce que le marché actuel nous dit réellement sur sa valeur, et quelle stratégie me donne les meilleures chances d’obtenir le résultat que je recherche? »

C’est cette conversation qu’il vaut mieux avoir avant de choisir votre prix demandé.

Pas après avoir découvert que le marché n’est pas d’accord avec vous.

La bonne décision. Au bon moment. Pour les bonnes raisons.

Jonathan Cabana
Courtier immobilier résidentiel et commercial
eXp Québec
Grand Montréal | Rive-Sud
(514) 476-0730

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